Samedi 7 novembre 2009


Terreur américaine de la fin des années 70, Pershing, fils du mythique Nevele Pride, peut se targuer d'être l'un des rares champions à compter plus d'une dizaine de Groupes I acquis à travers le monde.

Sous la houlette du grand Berndt Lindstedt, Pershing effectue des débuts discrets mais remporte tout de même le Horseman Futurity aux Etats-Unis, alors qu'il est âgé.
Au contraire de ces contemporains, Pershing ne semble pas être fait pour être précoce. C'est à l'âge de quatre ans qu'il se révèle en remportant la Sweden Cup, dans son pays d'entrainement, et surtout trois Groupes I en Europe: l'Elite Rennen devant les francais confirmés Granit et Equiléo, le Preis der Besten et le GP des Nations en Italie. Ces succès acquis contre certains des meilleurs chevaux d'âge européens laisse présager un avenir sous les meilleurs auspices pour le tout jeune trotteur américain, en phase d'apprentissage.

A cinq ans, Pershing se voit invité dans l'Elitloppet, dans l'optique de se mesurer aux meilleurs trotteurs mondiaux tels que le crack de l'écurie Levesque Hadol du Vivier, Eléazar, qui se révèle d'épreuve en épreuve, Duke Iran, un diamant taillé par Stig Johansson ou encore le confirmé Wiretapper, dépendant de l'entrainement redoutable de Sören Nordin.
S'il se qualifie facilement pour la finale, dans celle-ci Pershing se montre encore trop tendre face à ses ainés, perdant toutes chances au départ en se montrant fautif, en concluant au dernier rang. Si la déception est assez vive, le cheval se rachetera et se consolera pleinement en s'offrant trois nouveaux Groupes I en terre scandinave, la Coupe de Copenhague, le Hugo Abergs Memorial et le Jubileumspokalen.

L'année suivante, Pershing explose et devient le meilleur trotteur mondial, sans aucune contestation possible, en remportant la bagatelle de sept Groupes I! L'année commence en fanfare avec un succès acquis avec plein d'autorité dans l'Olympiatravet. Le meilleur viendra avec un succès ridicule de facilité dans l'Elitloppet, face au crack Hadol du Vivier le vainqueur sortant, sur lequel il calque sa course.
Par la suite, même s'il obtient deux accessits dans la Coupe de Copenhague et dans le Hugo Abergs Memorial, le champion rafle tout sur son passage, Jubileumspokalen, Elite Rennen, GP des Nations, Campionato Europeo, Grote Prijs der Lage Landen... Rien ne semble en mesure de lui résister.

A la suite de cette prodigieuse année et au terme d'une carrière courte mais riche de 55 succès, Pershing rentre au haras.


Palmarès:
Elitloppet (SUE)
2 Jubileumspokalen (SUE)
Hugo Abergs Memorial (SUE)
Olympiatravet (SUE)
Sweden Cup (SUE)
C.Th. Ericssons Memorial (SUE)
2 GP des Nations (ITA)
Campionato Europeo (ITA)
Coupe de Copenhague (DAN)
2 Elite Rennen (ALL)
Preis der Besten (ALL)
Grote Prijs der Lage Landen (PB)
Horseman Futurity (USA)

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Samedi 7 novembre 2009


Fils de SJ's Photo et d'une jument allemande Kristen Limburgia, par un descendant de Speedy Crown, Unico Limburgia, bien que n'ayant pas eu le temps d'acceder au statut de champion, mérite une place aux côtés des grands trotteurs composant ce journal. En effet, comme eux, il a marqué la mémoire de nombreux sportsmen en établissant le record d'invincibilité en un seul meeting d'hiver, avec huit succès.

Trotteur allemand, Unico Limburgia débute en toute discrétion dans son pays, à Gelsenkirchen, à l'âge de deux ans. Il participe ensuite très rapidement à une éliminatoire de la Breeder's Crown, sans succès. Ses débuts s'avèrent être très timides.
A l'âge de trois ans, il se révèle dans son pays et démontre un potentiel intéressant en atteste son succès dans la Breeder's Crown, devant le bien connu Unforgettable, qui a su confirmer en France. Son année est ensuite quelconque et il ne réalise rien de bien probant l'année suivante, à l'âge de quatre ans.
Âgé de cinq ans, Unico Limburgia court peu et principalement en Hollande, où il parvient à conclure au deuxième rang du Grote Prijs der Lage Landen derrière le bon quintéiste français Macadam Cowboy.

C'est à six ans qu'il passe sous l'entrainement de Pierre Levesque, et après une plage de repos de trois mois, il participe à sa première épreuve sur le territoire français, à Graignes dans une petite course européenne, où il prend une part active à l'arrivée, s'octroyant le premier accessit derrière un représentant de Nicolas Roussel, Timjans Kap.
Sa première victoire sur le sol français ne tarde pas. En effet, sa deuxième tentative est la bonne, et il triomphe assez facilement de ses adversaires sur l'hippodrome de Rouen-Mauquenchy.
Sa première rencontre avec l'hippodrome du Plateau de Gravelle, a lieu début septembre, dans un quinté nocturne sur la petite piste. Alors qu'il passe à l'attaque à la sortie du tournant final, Unico Limburgia se trompe dans ses allures et se voit disqualifié. Mais qu'importe, le cheval montre des qualités sur cette hippodrome, ce qui pousse Pierre Levesque à retenter l'expérience un mois plus tard toujours sur la petite piste. Venu au commandement très tôt, il dispose facilement de ses adversaires dans la ligne droite, et signe un succès acquis avec autorité.
Un parenthèse provinciale le voit ensuite finir deuxième du prometteur Inzaghi à Graignes avant de débuter son meeting d'hiver sur l'hippodrome de Vincennes, dans le Prix Mizar, fin novembre, pour un premier succès sur le Plateau de Gravelle.
Deux semaines plus tard, il débute dans le Prix de la Ville de Royan sur la mythique grande piste, circuit que tout champion trotteur se doit de dompter. Son succès est ridicule de facilité et de toute évidence, le trotteur allemand apparait en très gros retard de gains.
Une semaine plus tard, il signe, en toute quiétude, un triplé en remportant le Prix de Briare, prenant sa revanche sur Inzaghi et devançant le tout bon Fabrice Axe, puis le Prix de Craon s'offre à lui, comme un cadeau de Noël, le 25 décembre, pour un quatrième succès consécutif.
Un mois plus tard, alors que les ténors s'affrontent dans le Prix d'Amérique, Unico Limburgia franchit un palier en disposant facilement d'O'Donnell et de Copper Beach, des clients à ce niveau, dans le Prix Jean-René Gougeon, sur 2100m, avec un numéro exécrable en deuxième ligne, le 11. Et de cinq!
Profitant de la forme de son trotteur, Pierre Levesque enchaine ensuite rapidement avec deux épreuves, le Prix de la Nièvre et le Prix de Chateaurenard, deux épreuves qu'il remporte haut la main, sans avoir à forcer son talent, disposant facilement de ses compères O'Donnell et Fabrice Axe. Dans la dernière épreuve, Unico Limburgia se permet d'égaler le précédent record du crack Gai Brillant, resté invaincu durant sept épreuves au cours du meeting.
Le record tombera lors de la course suivante, dans le Prix Emile-Alix Courboy, sur 2100m autostart, une épreuve ayant déjà sacré des références telles que Morydiem, Duc de Rêve, Una Ganga, Achille ou encore la grande championne Fan Idole. Unico Limburgia passe à l'attaque dans la montée, prend le meilleur dans la ligne droite et résiste à l'attaque incisive de Punch de Chenu, en établissant son record personnel en 1'11''6. L'exploit est effectué! Unico Limburgia établit un record en portant son invincibilité à huit victoires en un meeting. A l'heure où les courses deviennent de plus en plus difficile, il semble justifié de parler d'une prouesse!

Près de deux mois plus tard, Unico Limburgia affronte pour une première fois les meilleurs, en nocturne, sur les 3525m du Prix Jamin, à Vincennes. Ce soir-là, on retrouve notamment le grand hongre Nimrod Boréalis et le troisième du Prix de Cornulier, Oyonnax.
Venu en tête à 1000m du but, Unico Limburgia parvient à accélèrer dans le dernier tournant, il maitrise les attaques d'Oyonnax et de Nimrod Boréalis dans la ligne droite... avant de commettre l'irréparable à quelques encablures du poteau d'arrivée. Néanmoins, le test est concluant, le nouveau prodige de Pierre Levesque peut maintenant espérer monter de catégorie et affronter, pourquoi pas, les meilleurs trotteurs.
Un mois plus tard, et encore peu chargé en gains, Unico Limburgia participe au Prix de Rouergue, où il se voit malheureusement disqualifié. Personne ne peut encore s'en douter mais ce sera là sa dernière course...

En effet, et bien malheureusement, quelques temps plus tard, Unico Limburgia disparait suite à des problèmes respiratoires.
Bien qu'il avait encore beaucoup de choses à prouver, Unico Limburgia restera comme un inoubliable trotteur, ayant gravé en lettres d'or son nom dans l'histoire du meeting d'hiver de Vincennes.
 

Palmarès:
Breeder's Crown 3YO (ALL)
8 succès consécutifs en un meeting d'hiver
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Vendredi 9 octobre 2009


Quellou, descendant de Fandango par son père Bellouet, demeure l'un des plus fameux trotteurs hongres de l'histoire des courses.

Propriété de la grande écurie Levesque, son début de carrière s'avère pourtant être plutôt anecdotique. En effet, dans sa jeunesse, ce trotteur à la robe assez claire, rendant son identification aisée dans un peloton, court les prix de série face à sa génération, pour mieux apprendre. Quellou franchit doucement les paliers et se révèle lors de son année cinq ans dans de bons quintés. Il remporte ainsi le Prix Constant Hervieu, à Vincennes, à la fin de l'année.

A six ans, Quellou multiplie les bons résultats, notamment en Province où il s'adjuge le GP du Conseil Municipal de Vichy.
Si durant cette année, il affiche des progrès très intéressants, c'est à l'âge de sept ans qu'il explose et s'affirme comme étant l'un des meilleurs trotteurs d'âge en France.

En effet, durant ces douze mois, il triomphe notamment à Vincennes, dans le Prix de Brest, en se promenant et tout en battant le record de la course.
Il réalise ensuite un été de toute beauté en remportant successivement les Prix de New York et de Washington à Enghien, s'adjugeant le Prix Thierry de Cabanes à Vincennes à la fin de l'été, le tout en participant à quelques épreuves du Grand National du Trot. Quellou semble imprenable. La nouvelle mascotte hongre du trot français s'envole alors en Suède, pour le GP d'Aby, qu'il remportera en devançant l'un des meilleurs trotteurs européens, l'atypique Napoletano. Alors en pleine ère Ourasi, la France hippique possède un nouveau phénomène capable de faire briller les couleurs tricolores dans un pays européen.
En fin d'année, le champion fait sien, d'une facilité déconcertante, de la Finale du Grand National du Trot.

L'année suivante, Quellou se voit inviter à l'une des plus prestigieuses épreuves de trot en Europe, l'Elitloppet. Privé de ses attributs, il ne peut participer aux grandes classiques françaises et trouve ici une bonne occasion de prouver son talent face aux meilleurs trotteurs du monde et notamment les extraterrestres américains Mack Lobell et Peace Corps.
Hélas, le trotteur français se voit éliminé dès les batteries puisqu'il termine au septième rang de la sienne, malheureux.
Après cela, il enchaine de bonnes performances en concluant au troisième rang de la Coupe de Copenhague, derrière notamment Meadow Roland auteur d'un triplé dans l'épreuve. Il réitère pareille performance dans le Prix de Washington à Enghien où après lutte, il est devancé par les excellents Express Ride et Tipouf.
En septembre, il effectue un doublé dans le Prix Thierry de Cabanes.

A neuf ans, Quellou voyagera beaucoup en Europe. Il rapporte un succès de Hollande, dans le Grote Prijs der Lage Landen, et deux deuxièmes places dans des Groupes I tels que la Jubileumspokalen en Suède, et l'Elite Rennen en Allemagne.

A la fin de son année de neuf ans, le champion de l'écurie Levesque aura effectué l'essentiel de sa carrière et à la fin de celle-ci, ce trotteur inoubliable aura accumulé 31 succès et plus de 7 millions de francs de gains, ce qui demeure une performance exceptionnelle pour un trotteur hongre.
Il reste aujourd'hui dans la mémoire de nombreux férus de courses hippiques.


Palmarès:
GP d'Aby
Grote Prijs der Lage Landen
Finale du GNT
Prix de Washington
Prix de New York
GP du Conseil Municipal de Vichy
2 Prix Thierry de Cabanes
Prix de Brest
Prix Constant Hervieu
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Jeudi 24 septembre 2009


Etain Royal, trotteur hongre, fils du classique Ulf d'Ombrée premier leader de sa génération et de Phénicienne, fille de Fanacques, fait partie des belles histoires que le trot peut nous offrir.

Poulain difficile, il est acheté 40000 francs aux ventes de Deauville en septembre 1993, par une firme suédoise, International KGB Stallions, alors qu'il est âgé d'à peine un an.
Sa carrière est France s'avère être assez modeste, sans rapport avec la suite des évènements. Ainsi, au début de sa septième année, il compte, certes, une quinzaine de victoires, montrant à certaines occasions du talent, mais n'a accumulé qu'à peine plus d'1 millions de francs depuis ses premiers pas.
Alors qu'il est âgé de huit ans, il se voit racheté par un propriétaire suédois, Reima Kuisla. Celui-ci le place à l'entrainement chez Pirjo Vauhkonen, une nouvelle équipe se forme alors.

Etain Royal explose ensuite et tombe même amoureux des pistes scandinaves. Très rapidement, il effectue ses premiers exploits en remportant le Harpers Hanover Lopp, le Frances Bulwark Lopp ou encore le Silverhästen tout en devancant d'excellents éléments locaux tels que Good As Gold, Express Lavec, Edu's Speedy ou encore Com Hector. Durant cette année, il bat même le record du monde de vitesse sur distance de 2640m, en trottant un magistral 1'12"3 dans le Gävle Stora Pris, course qu'il survole. Ce record tient toujours de nos jours, neuf ans après.
Durant son année de huit ans, il remporte huit victoires de prestige et montre des qualités que l'on ne pouvait soupçonné en France. Etain Royal s'est bonifié, devenant un cheval dur, de tenue, un vrai trotteur de pistes plates...

L'année suivante, il remporte haut la main son premier Groupe I, l'Olympiatravet, avant de finir deuxième du GP d'Oslo, enlevé par l'un des meilleurs trotteurs français de l'époque, Giant Cat. Il ne tarde pas à participer à l'Elitloppet, l'une des plus grandes courses au monde, où il figure parmi les concurrents les plus attendus. Hélàs, il ne terminera que septième de sa batterie, ne se montrant pas très à l'aise sur le mile de Solvalla, et ne sera pas qualifié pour la finale de la prestigieuse épreuve.
Qu'importe, le représentant de Reima Kuisla termine ensuite deuxième du Frances Bulwark Loop et se permet le luxe de devancer l'un des deux meilleurs trotteurs du monde de l'époque, Victory Tilly, dans le GP d'Aby.

Âgé de dix ans, Etain Royal collectionne surtout les accessits. Ainsi il se classe au deuxième du Sundsvall Open Trot derrière Victory Tilly, du Müllers Memorial et du Frances Bulwark Loop, et troisième du Jubileumspokalen, du GP d'Aby et du Silverhästen.
Il remporte néanmoins une bonne dizaine de victoires mais dans des lots moindres.

Etain Royal continuera de courir jusqu'à ses douze ans pour totaliser l'impressionnant total de 52 succès à la fin de sa carrière. Trotteur unique en son genre, assez petit mais relativement massif, il flirtera avec la barre des dix millions de francs ce qui est exceptionnel pour un trotteur hongre. Il présentera le record de 1'12, signe d'un trotteur peu disposé aux épreuves de vitesse de haut niveau.

Palmarès:
Olympiatravet (SUE)
GP d'Aby (SUE)
2 Gävle Stora Pris (SUE)
Harpers Hanover Loop (SUE)
Frances Bulwark Loop (SUE)
Silverhästen (SUE)
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Vendredi 3 juillet 2009


Issue du croisement du crack français Idéal du Gazeau et de Keystone Gwen, fille du chef de race Speedy Crown, Lovely Godiva fut une de ces danseuses suédoises, aux allures magnifiques, gagnantes classiques dans leur pays ayant su se hisser au niveau des meilleurs chevaux d'âge européens, telles que Queen L et Hilda Zonett.

Dès sa première année de compétition, elle se hisse au top-niveau de sa génération et est rapidement sacrée meilleure jument de 3 ans, en remportant la Breeder's Crown 3YO Fillies en Suède.
A quatre ans, elle se couvre de lauriers en remportant 3 succès de prestige: Breeder's Crown 4YO Fillies et StoChampionatet contre ses contemporaines et Svenskt StLeger face aux mâles. Ces succès, Lovely Godiva les cueille sur des distances bien différentes, allant de 2140 à 3140m, et nécessitant des aptitudes bien particulières, ce qui prouve déjà la haute polyvalence de la jument.
Lors de ces succès, la jument de Per-Olof Petterson parvient à marquer les esprits, notamment dans la Breeder's Crown puisqu'elle bat le record de l'épreuve d'une demi-seconde.

A la fin de son année de cinq ans, la jument, précédée alors d'une très flatteuse réputation, débarque en France sur conseil d'Ulf Nordin, un ami de son propriétaire-entraineur-driver, Per-Olof Petterson. Elle participe au Prix Marcel Laurent et impressionne d'emblée, puisqu'elle bat au terme d'une très belle ligne droite, le meilleur 4 ans français, Défi d'Aunou, et Carpe Diem, vainqueur d'un Critérium.
Lovely Godiva apparait très à l'aise sur la piste de Vincennes, elle qui avait toujours des difficultés à négocier les tournants sur les tourniquets scandinaves.
Le meeting d'hiver de Vincennes se présente ensuite à elle. Et, durant ces quelques semaines de compétition, sa réputation enfle. La fille d'Idéal du Gazeau participe aux "fameux" petits internationaux d'Hiver, antichambre des sacro-saints Groupes I pour chevaux d'âge.
Dans le Prix du Luxembourg, sur un tracé à son entière convenance, 2100m autostart, la jeune championne part à la côté d'égalité malgré un numéro 9 inconfortable. Après une course en embuscade, à proximité des leaders, Lovely Godiva semble l'emporter... mais c'est sans compter sur le finish du chéri du Sud-Ouest, Abricot du Laudot, celui-ci vient la crucifier sur le poteau.
Elle prend ensuite sa revanche dans le Prix de la Marne, en battant Capitole, malgré un départ très lent. Ce dernier la devancera ensuite dans le Prix du Plateau de Gravelle, profitant d'un nouveau départ calamiteux de la jument.
Son meeting d'hiver est pleinement réussi et Lovely Godiva s'annonce comme une grande jument d'avenir.
En Europe, elle s'offre ensuite de belles épreuves comme le Grote Prijs der Lage Landen et le CL Müllers Memorial.
Elle conclut également au deuxième rang de l'intouchable Zoogin dans l'Elite Rennen, se place dans des Groupes I suédois tels que la Jubileumspokalen (3ème), et malgré une déception dans le GP d'Aby où elle ne peut se qualifier pour la finale (5ème de sa batterie), elle remporte sagement mais très sûrement trois courses de Gulddivisionen vers la fin de l'année.

Agée de sept ans, Lovely Godiva retrouve Vincennes et se trouve alignée au départ du Prix de Belgique, où, malheureusement, elle se montre fautive dès le départ, son gros point faible.
La danseuse de Per-Olof Petterson participe ensuite à son premier Prix d'Amérique dans la peau d'outsider. Malgré toutes ses qualités, la jument manque encore d'expérience derrière les élastiques, ce qui demeure préjudiciable dans une course comme le Prix d'Amérique. Sa côte s'en ressent assez, puisqu'elle s'élance à 22/1.
Une nouvelle fois, elle s'élance lentement. Après un parcours à l'arrière-garde, elle faute dans le dernier virage et se trouve disqualifiée.
Sa course suivante, Lovely Godiva l'effectue sur son parcours: 2100m, autostart, pour la revanche du Prix d'Amérique, le Prix de France. Après un parcours près des leaders, la jument coiffe dans les dernières battues, Défi d'Aunou, qui venait de prendre la mesure d'Abo Volo. Elle venge son illustre père, Idéal du Gazeau qui n'a pu inscrire son nom au palmarès de cette épreuve.
Suite à ce moment de gloire, la digne fille du grand Idéal regagne la Suède, et si elle gagne ensuite un éliminatoire de l'Olympiatravet, elle passe au travers de l'épreuve finale, comme elle passera également au travers des grandes épreuves scandinaves de haut niveau. Dans le GP d'Oslo, elle fait même douter son mentor. Après un parcours déplorable à la place du mort, aux côtés du grand Zoogin, la jument perd contact lorsque le champion d'Ake Svanstedt  accélère à l'entrée de la dernière ligne droite. Lovely Godiva se voit engloutie par le peloton, et termine à distance, semblant résignée. Suite à ce grand coup de pompe, Per-Olof Petterson lui laisse quelques mois de repos.
Elle réapparait en fin d'année, où elle enchaine les succès en Suède. Son prochain objectif est alors clair, c'est le Prix d'Amérique qui l'attend.

Hélas, la jument se donne un coup quelques semaines avant l'épreuve, et après une longue période d'incertitude, Lovely Godiva se retrouve au départ, son entraineur misant sur fraicheur, la jument n'ayant effectivement pas couru depuis six semaines suite à ce soucis.
Mais son meeting est décevant, non placée du Prix d'Amérique, elle conclut "seulement" quatrième du Prix de France, avant d'être sèchement battue dans le Prix de Paris, pour son premier essai sur ce marathon.
Afin de redonner du moral à sa championne, Per-Olof Petterson la laisse quelques temps au repos puis la fait courir dès la fin du printemps, dans des lots de qualité moindre. La jument enchaine à nouveau les victoires, et parvient à se classer au deuxième rang du Grosser Preis Von Bayern, en Allemagne.

Pour son quatrième meeting d'hiver, Lovely Godiva est alors âgée de neuf ans. Après cinq semaines d'absence, elle participe au Prix de Belgique, course dans laquelle, malgré son handicap de 25m, elle parvient à prendre la deuxième place, faisant parler son finish pour priver Moni Maker du premier accessit.
La ballerine se retrouve alors projetée au rang des principaux favoris du Prix d'Amérique.
Troisième favorite, elle s'élance à 12/1, et après un départ lent, comme à son habitude, elle remonte très facilement le peloton en épaisseur depuis la plaine, et si Moni Maker est déjà hors d'atteinte, fuyant aux 500m, la protégée de Per-Olof Petterson se montre très courageuse pour s'assurer très nettement et très facilement, le deuxième accessit.
Tous feux semblent alors se projeter en direction du Prix de France... mais à la surprise générale, la jument se voit directement alignée dans le Prix de Paris.
Dans cette épreuve, après un parcours en embuscade, Lovely Godiva attaque sèchement Défi d'Aunou dans la ligne droite, prenant alors l'avantage. Le plus dur semble être fait... mais c'est sans compter sur la ruse de Jos Verbeeck et le finish de son champion Remington Crown. Le duo conclut à la vitesse du vent et prive la suédoise de la couronne.

Suite à cela, la championne effectue une bonne saison à l'étranger, qui la voit notamment remporter le Grosser Preis Von Bayern et conclure troisième de l'Olympiatravet.
Après une longue et riche carrière, Lovely Godiva ne tarde par à rejoindre le haras, présentant un palmarès riche d'une quarantaine de victoires accumulés en 86 courses.

Palmarès:
Prix de France
Prix Marcel Laurent
Prix de la Marne
Breeder's Crown 4YO Fillies (SUE)
Breeder's Crown 3YO Fillies (SUE)
StoChampionatet (SUE)
Svenskt St.Leger (SUE)
CL Müllers Memorial (SUE)
Grosser Preis Von Bayern (ALL)
Grote Prijs der Lage Landen (PB)




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Mardi 30 juin 2009


Championne de précocité, rivalisant très tôt avec les meilleurs chevaux d'âge, Kiss Melody demeure l'une des plus formidables jeunes championnes de la décennie.

Kiss Melody se qualifie modestement, en 1'22''2 sur 1500m, à Caen. Elle ne tarde pas cependant à faire rapidement parler d'elle en enlevant le semi-classique Prix Une de Mai, à la fin de son année de deux ans.
Néanmois, si elle fournit la meilleur valeur des juments de 3 ans, elle ne participe pas ensuite au Critérium des Jeunes, épreuve sacrant le meilleur élément de la génération des jeunes 3 ans.
Au printemps, la belle alezane remporte le Prix Ozo, en abaissant le record de l'épreuve d'une demi-seconde, l'abaissant à 1'13''6 sur 2175m.
La représentante de l'écurie des Charmes ne tarde pas ensuite à se présenter à sa première épreuve classique, le Prix Capucine, qu'elle enlève de toute une classe, abaissant le record de l'épreuve de près d'une seconde et demie.
Kiss Melody participe ensuite à Caen au Championnat Européen des 3 ans, épreuve dans laquelle elle se montre fautive dans le dernier tournant, alors qu'elle semble partie pour la gloire.
Néanmoins, elle se rachète pleinement de cette facétie en enlevant le Prix de l'Etoile, en abaissant le record de l'épreuve.
Si Kiss Melody est une jument pétrie de classe, elle n'en demeure pas moins très caractérielle. En effet, ce succès efface une série de trois disqualifications successives, se montrant fautive notamment dans les aires de départ.

Absente ensuite du grand rendez-vous de fin d'année des trotteurs de 3 ans, Kiss Melody ne tarde pas à retrouver le chemin du succès puisqu'elle enlève rapidement les semi-classiques Prix Paul Leguerney, Gaston de Wazières et Jules Thibault pour se présenter en favorite au départ du Critérium des 4 ans, contre des adversaires de tailles, Késaco Phédo double vainqueur classique dans les deux spécialités et Korean en plein épanouissement, placé du dernier Prix de Sélection.
Mais Kiss Melody se montre rapidement fautive, et se retrouve décollée, à une trentaine de mètres du peloton, dans la descente de la grande piste de Vincennes. Dans la montée, son driver Dominik Locqueneux lui fait tenter le tout pour le tout. Au prix d'un exceptionnel passage de classe, elle remonte le peloton en épaisseur pour venir se porter aux côtés du leader, son adversaire Késaco Phédo. Celui-ci contre la championne qui commet l'irréparable. C'en est fini des chances de la championne alezane de vaincre le signe indien, les femelles n'ayant pu en effet inscrire leur nom au palmarès de cette épreuve depuis plus de trente ans.
La ballerine affronte ensuite, en compagnie de son contemporain Kaisy Dream, pour la première fois ses ainés, dans le Prix René Ballière. Si le multiple deuxième de Groupe I, représentant de la famille Dubois parvint au terme d'une superbe ligne droite à se classer deuxième de Jackhammer, tombeur de Varenne l'année précedente, Kiss Melody compromet rapidement ses chances en tombant dans le vice de la faute.
Qu'importe pour la jeune championne qui effectue ensuite deux performances de choix en remportant tout d'abord le Prix d'Europe, à Enghien, devant Général du Pommeau "himself", handicapé de 25m, mais surtout, elle termine deuxième de Varenne dans une épreuve de Coupe du Monde de Trot, à Vincennes, établissant le record de vitesse des 4 ans, trottant 1'11"3, tout en devançant notamment la très expérimentée Fan Idole, cette dernière étant considérée comme la jument d'âge en France.
Les preuves étant fournies, Kiss Melody demeure bien comme une jument de très grande classe, rarement la scène hippique aura pu voir une si jeune championne rivaliser avec les meilleurs trotteurs d'âge au monde.
Par la suite, Kiss Melody se montre encore une fois fautive dans le Critérium Continental alors qu'elle est en tête dans le dernier tournant, puis elle effectue une véritable promenade de santé dans le GP de l'UET, même si son match avec le suédois et futur vainqueur de l'Elitloppet, From Above, fut abrégé très rapidement, suite à la disqualification de celui-ci derrière les ailes de l'autostart.
Blessée par la suite, Kiss Melody voit sa carrière se conclure à la fin de son année de 4 ans, alors qu'elle avait dévoilé durant sa carrière une classe et un talent hors normes.

Kiss Melody présente un bilan étourdissant pour une jument de 4ans, avec plus de 900.000euros accumulés en 14 victoires et 2 deuxièmes places en 29 courses. Elle fut toujours disqualifée le reste du temps.

Palmarès:
Prix de l'Etoile
Prix Capucine
GP de l'UET
Prix d'Europe
Prix de Genève
Prix Paul Leguerney
Prix Gaston de Wazières
Prix Jules Thibault
Prix Ozo
Prix Une de Mai


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Dimanche 17 mai 2009


Effectuer le prestigieux doublé Elitloppet-Prix d'Amérique est toujours signature d'un trotteur d'exception. Parmi les grands champions ayant effectué ce prestigieux doublé, on citera Gélinotte, Jamin, Ozo, Roquépine, Tidalium Pelo, Idéal du Gazeau, Sea Cove, Coktail Jet, Moni Maker, et Dart Hanover.

Pur trotteur américain, issu du croisement entre le vainqueur de l'Hambletonian, Hot Moon, et Delicia Hanover, fille de Dean Hanover, étalon plutôt modeste, Dart Hanover lutte dans sa jeunesse contre le fameux Nevele Pride, un trotteur comme les Etats-Unis en produisent toutes les décennies.
Dès lors, celui-ci raflant tous les titres de la génération, Dart Hanover ne peut se contenter que d'accessits dans les grandes épreuves. Il termine ainsi au troisième rang de l'Hambletonian et du Yonkers Trot.

Son année de quatre ans est assez creuse, Dart Hanover ne réalise aucune performance notable.

A cinq ans, il change d'entrainement, passant chez l'italien William Casoli et termine au troisième rang du GP Duomo, un Groupe I italien, enlevé par son compatriote et contemporain Keystone Spartan.

A six ans, c'est la révélation. Dart Hanover conclue, à la surprise assez générale, au deuxième rang de l'Elitloppet, s'intercalant entre les cracks français Tidalium Pelo et Une de Mai.
Quelques mois plus tard, il confirme sa progression en concluant au troisième rang de l'International Trot, derrière la belle alezane française, Une de Mai.

L'année suivante, avec le crack-driver suédois Bernt Lindstedt, Dart Hanover réalise des performances assez exceptionnelles. En début d'année, il termine tout d'abord deuxième du Critérium de Vitesse de la Côte d'Azur derrière Une de Mai. Par la suite, il explose en enlevant moult Groupes I aux quatre coins de l'Europe: Elitloppet en Suède, Elite Rennen en Allemagne, GP des Géants en Hollande, Campionato Europeo en Italie.
L'impression visuelle laissée par le trotteur lors de certaines de ces victoires laisse à penser qu'il s'agit là du meilleur trotteur européen. Dans l'Elitloppet, il surclasse ses rivaux, le titré Lyon et la jument suédoise Big Elma. Dans le GP des Géants, il se promène à nouveau face à Lyon, et le français Amyot, l'un des meilleurs éléments de sa génération.
A sept ans, Dart Hanover se couvre de lauriers. Performance étonnante pour un Standardbred...

Au début de son année de huit ans, s'il se classe à une relative décevante quatrième place au Prix de la Côte d'Azur, lla suite des évènements plaidera en sa faveur, puisqu'il remporte le Prix d'Amérique, à huit ans, devant le vétéran et très courageux Tony M, et Véronique M. Une de Mai se classe quatrième.
Après une troisième place au Critérium de Vitesse de la Côte d'Azur derrière Une de Mai et la jeune pousse Buffet II, Dart Hanover ne tarde pas à rejoindre le haras, où sa carrière s'avèrera plus modeste.

Rares sont les trotteurs à avoir remporté les deux plus grandes courses du monde, et Dart Hanover mérite bien une place aux côtés des plus grands.

Palmarès:
Prix d'Amérique (FR)
Elitloppet (SUE)
Elite Rennen (ALL)
Campionato Europeo (ITA)
GP des Géants (HOL)

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Samedi 16 mai 2009


Petit-fils du champion et top-étalon Speedy Somolli, Deweycheatumnhowe, affectueusement renommé "Dewey" fait partie du patrimoine des courses de chevaux américains, au même titre que le grand galopeur Secretariat ou des champions trotteurs Mack Lobell et Moni Maker.

Standardbred-type, à la carrière riche mais très courte, il rejoint très vite l'élite des jeunes trotteurs américains à l'âge de deux ans et devient le meilleur trotteur de sa génération en remportant haut la main la Breeder's Crown 2YO, le Harriman Challenge Cup, l'International Stallion Stakes.

S'il restera dans la grande Histoire des courses hippiques, ce sera sans nul doute pour avoir enlevé l'une des plus prestigieuses courses de trot américaines, et la plus importante pour un trotteur de 3 ans, l'Hambletonian, tout en étant invaincu en 14 sorties. Un performance "ténordebaunienne" pourrait-on dire, en langue de Brassens.
Il rejoint son père, Muscles Yankee, et son grand-père maternel, Speedy Somolli, dans le tableau des vainqueurs de cette prestigieuse épreuve.

Son année de trois demeure époustouflante. En plus de l'Hambletonian, il remporte la majorité des principales grandes courses pour jeunes trotteurs du continent américain: World Trotting Derby, Kentucky Futurity, Transylvania Trot, Canadian Trotting Classic, Stanley Dancer Memorial...

Deweycheatumnhowe reste invaincu en 17 sorties, sa belle série prend fin lors d'un affrontement avec Crazed dans une éliminatoire du Canadian Trotting Classic.

Sa fin d'année de trois ans est délicate, puisque défait dans une éliminatoire de la Breeder's Crown, il ne peut prendre que la troisième place de la finale, ce qui ne peut cependant rien enlever à la splendeur de son palmarès. Suite à des deux contres-performances, il rejoint le haras.

Dewey présente le bilan hors normes de 22 succès, 2 deuxième place, 1 troisième place en 23 tentatives. Il détient le record de gains accumulés, pour un jeune trotteur de trois ans, en ayant glané environ 3.095.000$.

Palmarès:
Hambletonian
World Trotting Derby
Canadian Trotting Classic
Transylvania Trot
Kentucky Futurity
Breeder's Crown 2YO
Harriman Challenge Cup
International Stallion Stakes
Stanley Dancer Memorial
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Samedi 11 avril 2009


Qualita Bourbon est issue du croisement du top-étalon Love You et d'Etta Extra, fille de Florestan.

Elle débute très tôt en course, dès l'été de ses deux ans, sa première course se solde par une deuxième place. Très vite, elle s'affirme parmi les meilleurs éléments de sa génération en remportant les premiers semi-classiques de sa génération que sont les Prix Roquépine, Une de Mai, Gélinotte.
Puis, elle se présente en favorite au départ de son premier classique, le Critérium des Jeunes, auréolée de huit succès en neuf tentatives. A cette occasion, elle rencontre pour la première fois les mâles, et notamment Quick Wood et Quido du Goutier, très plaisants lors de leurs préparatoires.
Néanmoins, aucune lutte ne se fit voir, Qualita Bourbon remporte avec classe et panache son premier succès classique, devant Quido du Goutier, un succès qui en appelera d'autres...

S'adjugeant ensuite deux autres semi-classiques, les Prix Guy Deloison après six mois de repos, et le Prix Uranie contre ses contemporaines, elle retrouve dans le Prix de l'Etoile, son second, Quido du Goutier, et le nouveau venu au haut niveau, Qualmio de Vandel, qui a profité de son absence dans le Prix Albert Viel pour quérir un succès très convoité.
Si les pensionnaires de Thierry Duvaldestin lui mettent la pression à partir de la fameuse montée de Vincennes, il ne suffit à Qualita Bourbon que d'une simple accélération à l'entrée de la ligne droite, pour se mettre hors d'atteinte de ses adversaires. A cette occasion, l'incontestable championne de la génération signe une douxième victoire consécutive, demeurant invaincue durant l'année, et un deuxième succès classique.

S'offrant ensuite le Critérium des Pouliches, elle participe ensuite au Critérium des 3 ans, la dernière course de sa magnifique année. Ce jour-là, les adversaires de la championne n'eurent aucune pitié pour elle, ni son driver Jean-Pierre Dubois, qui commit certainement l'erreur de vouloir garder la tête et la corde à tout prix.
Subissant tout d'abord l'extrême harcèlement de Quido du Goutier dans la descente, c'est Quel Amour Dudel qui lui met la pression dans la plaine, puis à nouveau Quido du Goutier dans la montée. Ne pouvant souffler, la championne tente de repartir dans la dernière ligne droite, mais son ultime assaillant, Quaro, après être resté dans les dos, lui porte l'estocade ultime et fatale. Jean-Michel Bazire et le trotteur entrainé par Fabrice Souloy lui prennent une tête au passage du poteau.
Qualita Bourbon conclut au deuxième rang, mais s'incline avec les honneurs, demeurant pour beaucoup la gagnante morale de la course.

Suite à ce semi-échec, Qualita Bourbon participe au Prix Charles Tiercelin, où elle affronte, avec un handicap de 25m, Quatre Juillet, son compagnon de box et la nouvelle valeur montante de la génération.
Si ce dernier remporte son premier succès semi-classique, Qualita Bourbon crève une nouvelle fois l'écran en traçant une magistrale ligne droite. Elle, qui se trouvait encore loin à l'amorce du dernier tournant, laisse passer la victoire pour peu.
Disqualifiée ensuite dans le Prix Ephrem Houel, elle remet les pendules à l'heure dans le classique Prix de Sélection, où sa victoire s'avère incontestable, acquise de bout en bout.

Remportant ensuite deux nouveaux semi-classiques, les Prix Paul Leguerney et Gaston de Wazières, face à ses contemporaines, elle se présente avide de revanche au départ du Critérium des 4 ans, face à Quaro.
Venant aux avant-postes dans la descente, elle ne peut soutenir la comparaison avec le mâle lorsque celui-ci accélère à l'entrée de la ligne droite, et conclut, avec courage, troisième, se faisant subtiliser le premier accessit, par un Quel Amour Dudel des plus séduisants.
Alors probablement victime de ses chaleurs, ce fut l'un des rares véritables échecs de sa carrière.

Quatre mois après cette semi-déconvenue, elle fait sien du Prix Guy le Gonidec, associée pour la première fois à Jos Verbeeck, qui ne la quittera pratiquement plus, et rencontre pour la première fois ses ainés, à la Capelle, dans le GP de la Fédération Régionale du Nord.
Restant ferrée, ce coup d'essai fut convaincant. Pointée dans les dernières positions à un tour du but, Qualita Bourbon se rapproche dans les derniers 500m à l'extérieur, et accroche une courageuse troisième derrière le très bon Russel November et le solide MonteGeorgio.

La reine s'affute ensuite en vue de participer au GP de l'UET, à Milan, et au Critérium Continental, en fin d'année, à Vincennes. Elle rencontre à nouveau Quaro, dans le Prix Lupus, à Vincennes. Alors que les deux champions sont au coude-à-coude, la mâle explose des quatre fers aux abords du poteau, et Qualita Bourbon remporte un succès plutôt autoritaire.

Vient ensuite un voyage au pays de Galiléo Galiléi, et un succès plein d'autorité dans le GP de l'UET. Qualita Bourbon est alors sur une autre planète que celle des autres 4 ans européens.
Elle met définitivement l'Europe à ses pieds, en s'adjugeant, certes laborieusement, avec quelques foulées de traquenard, le Critérium Continental à Vincennes. Cette victoire restera comme la dernière de sa carrière.
Elle termine son année de quatre ans avec un record de gains à la clé, 1.401.450euros, et avec 21 succès en 27 tentatives.

Après cet exploit, Qualita Bourbon court très sagemment dans le Prix de Croix, et participe ensuite au Prix d'Amérique, bien que son mentor, Jean-Pierre Dubois, ne pensait pas la présenter.

Cette course demeurera l'une des plus impressionnantes de sa carrière. Très vite nez au vent, à la place du mort, aux côtés du leader Meaulnes du Corta, la championne trotte durant tout le parcours dans cette position inconfortable.
Lorsque le champion à la casaque rayée verte et blanche accélère sèchement dans le dernier virage, Qualita, prise de vitesse, se trompe un instant dans ses allures, puis se montre extrêmement tenace et accrocheuse pour conserver la troisième place, battue dans les dernières foulées pour l'obtention du premier accessit par Nouba du Saptel. La protégée de Jean-Pierre Dubois en impressionne plus d'un et cette course la place incontestablement parmi les meilleurs trotteurs français. Du rarement vu pour une jeune femelle de cinq ans.

Disqualifiée ensuite dans le Prix de France, alors qu'elle franchit le poteau en cinquième position, elle conclue ensuite au cinquième rang du Prix Ovide Moulinet, à distance. Durant cette épreuve, elle se montre méconnaissable, étant très fatiguée après de durs combats hivernaux. Cette course fut la dernière de sa riche mais courte carrière.

Présenant un bilan de 21 victoires en 31 courses, et ayant accumulé plus d'un 1.500.000euros de gains, Qualita Bourbon compte, avec Vourasie, Fan Idole, Reine du Corta, et Bahama parmi les grandes juments ayant accumulé le plus de gains en France. Elle s'envole ensuite pour les Etats-Unis, où elle sera présentée au champion Donato Hanover, vainqueur de l'Hambletonian.


Palmarès:
Critérium Continental
Prix de Sélection
Prix de l'Etoile
GP de l'UET
Critérium des Jeunes
Critérium des Pouliches
Prix Paul Leguerney
Prux Gaston de Wazières
Prix Guy le Gonidec
Prix Guy Deloison
Prix Uranie
Prix Roquépine
Prix Une de Mai
Prix Gélinotte
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Lundi 23 février 2009


Propriété de Jacques Pauc, et placé sous la houlette de la famille Hawas, Arnaqueur demeure un cheval très apprécié par les amateurs de courses.
Cheval dur, bagarreur, aimant aller au combat, il demeure comme l'un des excellents chevaux des années 90, à qui un titre dans un Groupe I ne lui aurait pas fait insulte.

Cheval ménagé dans sa jeunesse, ce fils de Fakir du Vivier se révèle durant son année de quatre ans. Il franchit les paliers jusqu'au niveau semi-classique où il conclut très vite au deuxième rang d'un semi-classique, le Prix Octave Douesnel derrière As du Clos.
Il ne tarde ensuite pas à remporter sa première victoire de renom, le Prix Ariste Hémard devant le gracile Avenir de Sée, petite perle d'Ulf Nordin, et la gagnante du Prix de Sélection, placée de plusieurs classiques depuis ses premiers pas, la Dubois Autour d'Aunou.
Dès lors, il s'affirma comme la grande valeur montante au sein de cette génération.

Son année de cinq ans confirme cela, il fait sien des Prix Jean Le Gonidec et Albert Demarcq et se place des Prix Ovide Moulinet et Roederer.
L'objectif avoué est dès lors le Critérium des 5 ans, se déroulant durant la belle saison. Pour cela, Arnaqueur se distingue notamment à Enghien, face à ses ainés dans le Prix d'Europe et remporte le Prix Jockey, répétition ultime avant le Critérium.
Installé archi-favori au départ de l'épreuve, Arnaqueur passe totalement au travers de celle-ci, victime d'un jour sans. La victoire revenant alors au représentant de l'écurie Union, Avenir de Sée, devant Autour d'Aunou, qu'il avait pourtant l'habitude de devancer.

Décu mais pas abattu pour autant, l'entourage d'Arnaqueur pense alors au meeting d'Hiver de Vincennes. Il participe aux premiers préparatoires au Prix d'Amérique.
Profitant d'un avantage de 25m dans le Prix de Bretagne face à notamment Ténor de Baune, Uno Atout et Alpha Barbès, Arnaqueur ne trouve que son contemporain Abo Volo pour le devancer pour le devancer assez sûrement.
Mais qu'importe, il se venge dans le Prix du Bourbonnais puis termine deuxième de la championne Vourasie dans le Prix de Bourgogne, devancant au passage les authentiques Uno Atout et Bahama.
Arnaqueur est ensuite présenté dans le Prix de Belgique, épreuve qui ponctue sa phase de préparation pour le Prix d'Amérique. Conscient d'avoir une première chance dans la grande épreuve, Karim Hawas se contente de suivre, et Arnaqueur termine à la septième place.

Le jour J, alors que Sea Cove éblouit la cendrée de Vincennes d'une course en avant peu commune, Arnaqueur bénéficie d'un bon parcours, dans le peloton, puis le contourne en épaisseur dans le dernier virage, pour ensuite prolonger son effort d'une manière admirable comme il sait si bien le faire, pour conclure au quatrième rang, échouant de peu pour un meilleur accessit.

La suite de l'année passe par une victoire dans le GP du Sud-Ouest devant Abo Volo et Bahama, par une troisième place dans le Prix de l'Atlantique, derrière les championnes Vourasie et Bahama.
La championne de Raoul Ostheimer le devance encore une fois quelques temps plus tard dans le Prix Chambon P à Vincennes.

Hélas, Arnaqueur ne tarde pas à se blesser. Il est ensuite éloigné de la compétition durant près d'un an, son année de sept ans s'avérant relativement creuse, on le retrouve en décembre de ses sept ans.
Il termine cinquième du Prix de Bretagne, placé à une côte d'outsider, étant donné son handicap de 25m, puis quatrième du Prix du Bourbonnais, alors qu'il était archi-favori, sans vraiment rassurer.
Le champion de Jacques Pauc nourrit des interrogations chez ses nombreux supporters. Et si le cheval avait perdu de sa superbe suite à ses ennuis de santé.
Dans les deux courses suivantes, Arnaqueur lève tout forme de doutes. Dans le Prix de Chateaudun, il termine au deuxième rang, tout en rendant 25m, d'une drôle de ballerine venue de Suède, Lovely Godiva. Puis il est aligné dans le Prix de Bourgogne qu'il conclue au même rang, devancé au sprint par un Bonheur de Tillard des grands jours, mais en devançant la nouvelle star du trot français Coktail Jet et une Vourasie, certes vieillissante.
Dans le Prix de Belgique, où l'on assite à l'étonnante domination d'un cheval inconnu en France, venu de Norvège Shan Rags, Arnaqueur termine au chaud dans le peloton.

Alors âgé de huit ans, Arnaqueur se présente en plein possession de ses moyens au départ du Prix d'Amérique. Les chevaux à battre ont pour nom Abo Volo, Coktail Jet, Ina Scot, Vourasie et Cèdre du Vivier mais nul doute que le pensionnaire de Jacques Pauc aura son mot à dire dans l'emballage final...
En effet, bénéficiant d'un bon parcours, Arnaqueur se dégage dans le dernier tournant et sprinte pour prendre nettement la troisième place, derrière Abo Volo et Coktail Jet. L'objectif est alors atteint, et Arnaqueur se voit ensuite aligné dans le Prix de France, dans l'optique de décrocher enfin son Groupe I...
S'il trace encore une fois un parcours très propre qui le voit lutter dans la dernière ligne droite contre Coktail Jet pour le gain de la victoire, le fils de Fakir du Vivier ne peut rien faire contre le vainqueur du Prix d'Amérique qui réalise là un rare doublé... Arnaqueur est battu, mais n'a pas à rougir de cette deuxième place derrière un cheval d'exception. Les autres, l'italo-américain Wesgate Crown en tête, terminant très largement à distance.

Malheureusement les problèmes de santé ne tardent pas à refaire surface et la valeur montré par le champion de la famille Hawas dans ce Prix de France, restera la meilleure de sa carrière.
Il tente un come-back à la fin de son année de huit ans, dans le Prix du Bourbonnais et dans la Clôture du GNT, mais il n'est plus que l'ombre de lui-même, il termine dans les profondeurs du classement. Sa carrière s'arrête donc très logiquement sur ses deux échecs.

Cheval dur, teigneux, bagarreur et accrocheur, Arnaqueur n'était jamais autant meilleur que lorsqu'il fallait se battre. Néanmoins, il ne fut pas gâté par les problèmes de santé et son palmarès est bien loin de correspondre à sa valeur réelle.

Au haras c'est un étalon très prolifique, puisqu'il a donné le champion hongre Nimrod Boréalis, les excellents Itou Jim, Tsar d'Inverne et Princess Foot, le classique Lilium Madrik, de même que les tous bons Mirage du Goutier et Kallaro.
(source photo: Le Trotteur Francais, Edition La Vauzelle)


Palmarès:
GP du Sud-Ouest
Prix d'Europe
Prix du Bourbonnais
Prix Jockey
Prix Jean le Gonidec
Prix Albert Demarcq
Prix Ariste Hémard
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