Vendredi 3 juillet 2009
Issue du croisement du crack français Idéal du Gazeau et de Keystone Gwen, fille du chef de race Speedy Crown, Lovely Godiva fut une de ces danseuses suédoises, aux allures magnifiques, gagnantes classiques dans leur pays ayant su se hisser au niveau des meilleurs chevaux d'âge européens, telles que Queen L et Hilda Zonett.
Dès sa première année de compétition, elle se hisse au top-niveau de sa génération et est rapidement sacrée meilleure jument de 3 ans, en remportant la Breeder's Crown 3YO Fillies en Suède.
A quatre ans, elle se couvre de lauriers en remportant 3 succès de prestige: Breeder's Crown 4YO Fillies et StoChampionatet contre ses contemporaines et Svenskt StLeger face aux mâles. Ces succès, Lovely Godiva les cueille sur des distances bien différentes, allant de 2140 à 3140m, et nécessitant des aptitudes bien particulières, ce qui prouve déjà la haute polyvalence de la jument.
Lors de ces succès, la jument de Per-Olof Petterson parvient à marquer les esprits, notamment dans la Breeder's Crown puisqu'elle bat le record de l'épreuve d'une demi-seconde.
A la fin de son année de cinq ans, la jument, précédée alors d'une très flatteuse réputation, débarque en France sur conseil d'Ulf Nordin, un ami de son propriétaire-entraineur-driver, Per-Olof Petterson. Elle participe au Prix Marcel Laurent et impressionne d'emblée, puisqu'elle bat au terme d'une très belle ligne droite, le meilleur 4 ans français, Défi d'Aunou, et Carpe Diem, vainqueur d'un Critérium.
Lovely Godiva apparait très à l'aise sur la piste de Vincennes, elle qui avait toujours des difficultés à négocier les tournants sur les tourniquets scandinaves.
Le meeting d'hiver de Vincennes se présente ensuite à elle. Et, durant ces quelques semaines de compétition, sa réputation enfle. La fille d'Idéal du Gazeau participe aux "fameux" petits internationaux d'Hiver, antichambre des sacro-saints Groupes I pour chevaux d'âge.
Dans le Prix du Luxembourg, sur un tracé à son entière convenance, 2100m autostart, la jeune championne part à la côté d'égalité malgré un numéro 9 inconfortable. Après une course en embuscade, à proximité des leaders, Lovely Godiva semble l'emporter... mais c'est sans compter sur le finish du chéri du Sud-Ouest, Abricot du Laudot, celui-ci vient la crucifier sur le poteau.
Elle prend ensuite sa revanche dans le Prix de la Marne, en battant Capitole, malgré un départ très lent. Ce dernier la devancera ensuite dans le Prix du Plateau de Gravelle, profitant d'un nouveau départ calamiteux de la jument.
Son meeting d'hiver est pleinement réussi et Lovely Godiva s'annonce comme une grande jument d'avenir.
En Europe, elle s'offre ensuite de belles épreuves comme le Grote Prijs der Lage Landen et le CL Müllers Memorial.
Elle conclut également au deuxième rang de l'intouchable Zoogin dans l'Elite Rennen, se place dans des Groupes I suédois tels que la Jubileumspokalen (3ème), et malgré une déception dans le GP d'Aby où elle ne peut se qualifier pour la finale (5ème de sa batterie), elle remporte sagement mais très sûrement trois courses de Gulddivisionen vers la fin de l'année.
Agée de sept ans, Lovely Godiva retrouve Vincennes et se trouve alignée au départ du Prix de Belgique, où, malheureusement, elle se montre fautive dès le départ, son gros point faible.
La danseuse de Per-Olof Petterson participe ensuite à son premier Prix d'Amérique dans la peau d'outsider. Malgré toutes ses qualités, la jument manque encore d'expérience derrière les élastiques, ce qui demeure préjudiciable dans une course comme le Prix d'Amérique. Sa côte s'en ressent assez, puisqu'elle s'élance à 22/1.
Une nouvelle fois, elle s'élance lentement. Après un parcours à l'arrière-garde, elle faute dans le dernier virage et se trouve disqualifiée.
Sa course suivante, Lovely Godiva l'effectue sur son parcours: 2100m, autostart, pour la revanche du Prix d'Amérique, le Prix de France. Après un parcours près des leaders, la jument coiffe dans les dernières battues, Défi d'Aunou, qui venait de prendre la mesure d'Abo Volo. Elle venge son illustre père, Idéal du Gazeau qui n'a pu inscrire son nom au palmarès de cette épreuve.
Suite à ce moment de gloire, la digne fille du grand Idéal regagne la Suède, et si elle gagne ensuite un éliminatoire de l'Olympiatravet, elle passe au travers de l'épreuve finale, comme elle passera également au travers des grandes épreuves scandinaves de haut niveau. Dans le GP d'Oslo, elle fait même douter son mentor. Après un parcours déplorable à la place du mort, aux côtés du grand Zoogin, la jument perd contact lorsque le champion d'Ake Svanstedt accélère à l'entrée de la dernière ligne droite. Lovely Godiva se voit engloutie par le peloton, et termine à distance, semblant résignée. Suite à ce grand coup de pompe, Per-Olof Petterson lui laisse quelques mois de repos.
Elle réapparait en fin d'année, où elle enchaine les succès en Suède. Son prochain objectif est alors clair, c'est le Prix d'Amérique qui l'attend.
Hélas, la jument se donne un coup quelques semaines avant l'épreuve, et après une longue période d'incertitude, Lovely Godiva se retrouve au départ, son entraineur misant sur fraicheur, la jument n'ayant effectivement pas couru depuis six semaines suite à ce soucis.
Mais son meeting est décevant, non placée du Prix d'Amérique, elle conclut "seulement" quatrième du Prix de France, avant d'être sèchement battue dans le Prix de Paris, pour son premier essai sur ce marathon.
Afin de redonner du moral à sa championne, Per-Olof Petterson la laisse quelques temps au repos puis la fait courir dès la fin du printemps, dans des lots de qualité moindre. La jument enchaine à nouveau les victoires, et parvient à se classer au deuxième rang du Grosser Preis Von Bayern, en Allemagne.
Pour son quatrième meeting d'hiver, Lovely Godiva est alors âgée de neuf ans. Après cinq semaines d'absence, elle participe au Prix de Belgique, course dans laquelle, malgré son handicap de 25m, elle parvient à prendre la deuxième place, faisant parler son finish pour priver Moni Maker du premier accessit.
La ballerine se retrouve alors projetée au rang des principaux favoris du Prix d'Amérique.
Troisième favorite, elle s'élance à 12/1, et après un départ lent, comme à son habitude, elle remonte très facilement le peloton en épaisseur depuis la plaine, et si Moni Maker est déjà hors d'atteinte, fuyant aux 500m, la protégée de Per-Olof Petterson se montre très courageuse pour s'assurer très nettement et très facilement, le deuxième accessit.
Tous feux semblent alors se projeter en direction du Prix de France... mais à la surprise générale, la jument se voit directement alignée dans le Prix de Paris.
Dans cette épreuve, après un parcours en embuscade, Lovely Godiva attaque sèchement Défi d'Aunou dans la ligne droite, prenant alors l'avantage. Le plus dur semble être fait... mais c'est sans compter sur la ruse de Jos Verbeeck et le finish de son champion Remington Crown. Le duo conclut à la vitesse du vent et prive la suédoise de la couronne.
Suite à cela, la championne effectue une bonne saison à l'étranger, qui la voit notamment remporter le Grosser Preis Von Bayern et conclure troisième de l'Olympiatravet.
Après une longue et riche carrière, Lovely Godiva ne tarde par à rejoindre le haras, présentant un palmarès riche d'une quarantaine de victoires accumulés en 86 courses.
Palmarès:
Prix de France
Prix Marcel Laurent
Prix de la Marne
Breeder's Crown 4YO Fillies (SUE)
Breeder's Crown 3YO Fillies (SUE)
StoChampionatet (SUE)
Svenskt St.Leger (SUE)
CL Müllers Memorial (SUE)
Grosser Preis Von Bayern (ALL)
Grote Prijs der Lage Landen (PB)
Prix de France
Prix Marcel Laurent
Prix de la Marne
Breeder's Crown 4YO Fillies (SUE)
Breeder's Crown 3YO Fillies (SUE)
StoChampionatet (SUE)
Svenskt St.Leger (SUE)
CL Müllers Memorial (SUE)
Grosser Preis Von Bayern (ALL)
Grote Prijs der Lage Landen (PB)